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L’Union du Maghreb ou l’invincible espoir

Si les changements géopolitiques et géoéconomiques internationaux rendent plus que nécessaire une refonte de la coopération en Méditerranée, il n’en demeure pas moins que l’édification d’une Union maghrébine reste un projet historique porteur d’espoir pour des populations.

Publié il y a  69 Vues Actualisé il y a 12 jours

Si les changements géopolitiques et géoéconomiques internationaux rendent plus que nécessaire une refonte de la coopération en Méditerranée, il n’en demeure pas moins que l’édification d’une Union maghrébine reste un projet historique porteur d’espoir pour des populations. Ainsi, à la lumière du printemps arabe, de la crise des institutions européennes et de l’émergence de l’Union pour la Méditerranée (UPM), nous réfléchirons sur l’importance et la pertinence d’une Union maghrébine. Cette dernière reste un impératif de stabilité régionale, pouvant assurer non seulement la prospérité économique et l’arrimage à la rive Nord de la Méditerranée mais représenter aussi un pôle géopolitique contribuant à la préservation des équilibres mondiaux.

L’Union du Maghreb, le temps de l’espoir

Rarement dans l’histoire, le Maghreb n’a été unifié. Quand bien même il semble s’unir pour les indépendances, c’est essentiellement la pression du joug des puissances coloniales qui fait office d’élément fédérateur. Roger Le Tourneau relativisait1 déjà à l’époque la pertinence de « l’idée d’unité nord-africaine », qui, « avant d’être une idée constructive, […] s’est surtout manifestée comme réflexe de défense ».

Trente et un ans après la conférence de Tanger de 19582, première expression d’un rêve d’unité maghrébine très vite avorté, Nouakchott, Rabat, Alger, Tunis et Tripoli signaient l’Accord de Marrakech. Les premiers articles évoquent ni plus ni moins la « fraternité », « le progrès », « la paix », et la « libre circulation » et définissent trois principaux axes à développer : politique, économique et culturel. Quelques décennies plus tard, l’idéal d’une unité maghrébine a bien vite cédé le pas à la logique de l’intérêt national.

Longtemps le Maghreb a paru être, probablement à juste titre, une simple arrière-cour de l'Europe, une sous-région d'un espace méditerranéen peinant à trouver sa cohésion politique. Les révoltes de l'hiver 2011 ont troublé et interrogent ces rapports anciens. Le renouveau de la question de l’intégration économique et politique au Maghreb s’inscrit dans ce contexte.

Ainsi, le projet d’une intégration maghrébine est-il toujours pertinent ? Les révoltes populaires de l’année 2011 vont-elles permettre de lever les blocages politiques ? Faut-il abandonner définitivement ce projet d’union, devenu un mythe ? A-t-il de réelles chances de succès ?

En retraçant de manière analytique l'évolution des relations intermaghrébines durant ces dernières années, nous apporterons des éléments d'explication mettant en exergue l’importance d’une union maghrébine en prenant en considération les potentialités de cette région. En soulignant les réalités économiques et politiques actuelles, les limites et les contraintes qu'elles imposent, nous mènerons une analyse actualisée de la situation au Maghreb tout en démontrant la nécessité pour les États du Nord de la Méditerranée de revoir leur regard sur ceux du Sud.

À la lumière du nouveau cadre institutionnel que représente l’Union pour la Méditerranée et de l’évolution des institutions européenne (élargissement vers l’Est, remise en cause de l’euro et crise de gouvernance politique et économique…(Guitton, 2013), nous soulignerons les dynamiques et les spécificités du Maghreb faisant de son union politique et économique non seulement une nécessité régionale mais un enjeu d’équilibre géostratégique mondial. […]

L’Union du Maghreb, une nécessité géopolitique, géoéconomique et l’espoir d’un développement économique durable

L’actualité récente donne l’impression de s’enrouler sur elle-même, apportant par vagues successives des signaux d’espoirs ou d’inquiétudes et soulignant le décalage toujours aussi grand entre les projets ambitieux annoncés et la réalité.

Dans le paysage géopolitique maghrébin c’est la stagnation géopolitique qui domine. L’Europe y bredouille une politique étrangère à plusieurs voix, l’emprise et l’aura des États-Unis (Zoubir, 2007) restent conséquentes, les pays du Maghreb font toujours preuves de divergences tandis que la conjoncture économique les enrichit ou les fragilise.

Néanmoins, depuis quelques années, des mutations très importantes (démographie, économie, circulation des idées) s’opèrent au sein des sociétés maghrébines et certains nouveaux acteurs (Chine, Brésil, pays du Golfe) se sont invités sur ce « théâtre stratégique ». […]

Plaidoyer pour une Union maghrébine effective

L’enjeu est de taille pour les économies et les sociétés maghrébines dont la désunion les rend tous les jours un peu plus vulnérables et marginales au sein de l’économie mondiale. Plus le Maghreb sera désuni, plus son pouvoir de négociation avec l’Union européenne sera faible. L’Union le ferait gagner en crédibilité et lui permettrait de faire valoir ses intérêts propres. Aux liens asymétriques Maghreb-Europe, les Maghrébins doivent répondre par l’intégration et la coopération Sud-Sud, enjeu fondamental du développement. Il n’est pas question pour le Maghreb de s’unir pour mieux se dresser contre l’Europe mais il doit relever son propre défi.

De plus, son union ne doit pas seulement se réaliser dans la perspective de l’Europe seule21. Le Maghreb doit être envisagé sous un angle volontariste, ambitieux et audacieux, qui consisterait à façonner un véritable pôle progressivement intégré, pour tenter de peser sur l’échiquier international et finalement exister sur la carte géopolitique du monde.

Les Maghrébins doivent accepter de regarder en 2013 la question de la coopération intermaghrébine comme une nécessité résolument pragmatique, visant à assurer la stabilité et la prospérité et donc comme jouant un rôle d’amortisseur pour limiter les effets des chocs de la mondialisation qui devraient s’amplifier. En 2013, plus que jamais les conditions prometteuses sont réunies pour espérer voir les pays de cette région dépasser les nationalismes réducteurs et bâtir une région solidaire et progressivement intégrée.

Lire l’article en entier ici

Auteur : El Mehdi Lamrani


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